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Archive pour février 2011

Du choix de faire connaître

L’idée faisait son chemin dans l’esprit de Shorgues. Il faut transmettre. Faire connaître ce qu’il venait de découvrir et qu’il commençait à peine à comprendre.Il cernait le problème avec une certaine aisance. L’Apocalypse transmise par cette vieille femme des Flandres portaient les noms ou prénoms de ceux qui en furent les détenteurs. A son tour, il pouvait non pas se l’attribuer mais bien lui prêter son nom et ainsi reprendre la transmission là où elle s’était arrêtée. Cette femme n’avait pas eu la force de remplir sa mission durant un demi-siècle. Personne n’aurait su l’aider. Pourquoi avait-elle choisi Shorgue ? Lui-même l’ignore encore. Il s’en inquiètera plus tard. Plus il se penchait sur le document, plus il se doutait qu’il devait prendre une décision. Un choix qui changerait sa vie totalement. C’est lui qui donnera une nouvelle impulsion à ce livre des secrets. Dans le cas contraire, participerait-il à l’oubli et la perte du message ? Il se sentait investi d’une mission sans en saisir toute l’ampleur. Son coeur battait encore plus fort à la lecture des pages. Il avait tetné d’en parler à des membres de sa famille, à des amis. Certains restaient indifférents d’autres se demandaient s’il était tombé dans une phase mystique. Il se posait même cette question. Les interrogations ne manquaient pas surtout concernant le fait qu’il fut choisi par la vieille femme. Il se doutait bien qu’il devait tôt ou tard prendre la décision d’ouvrir ouvertement les pages ou les confiner dans un placard en attendant encore un demi-siècle. Cette dernière hypothèse, il s’y refusait. Il lui restait donc à prendre les moyens pour dispenser tout ou partie de ce qu’il venait de découvrir. L’antique document semblait dès lors, lui prodiguer des conseils comme s’il avait pris acte de sa volonté de devenir à son tour, prophète de cet Apocalypse qu’il nommerait Apocalypse de Shorgues.

C’est ce dont désormais va s’attacher l’homme nouveau, murmure Shorgues. IL se sentait pas rajeuni mais différent depuis ces derniers mois. Le voilà pris régulièrement dans les pages et les énigmes inscrites dans le grimoire. Tous ces devanciers y ont déposer leur savoir, leurs questions et des documents dont certains étaient difficiles à déchiffrer. Shorgues prenait le temps de s’imprégner de cet objet et de son contenu. Il se l’approprié afin de transmettre les messages autour de lui et pour le plus large public qu’il soit. Sa mission il l’a prenait à coeur et rapidement après s’être rendu auprès d’un mage et de quelques personnes réputée pour être familière des messages occultes, il compris qu’il lui restait l’outil à sa portée. Installé devant son ordinateur, il se mis à créer des pages et y compléter par des arguments les raisons de l’ouverture de son site sur la toile. Il était ainsi confronté à la nécessité de rendre compréhensible les révélations.

 



L’itinéraire de Shorgues

Rencontre avec le mage

Dans sa tour, le mage contemple l’horizon.  » Les nuages sombres ne laissent rien présager de bon « , affirme Shorgues. Il avait pris place à une table dans un coin de la pièce. Il s’était rendu chez le vieil homme connu pour sa sagesse afin de comprendre les événements qu’il traversait. Les discussions allaient, à son avis, dans tous les sens. Mais il ne voulait pas interrompre celui qui l’avait accueilli chez lui. Il se disait qu’au moment venu, il comprendrait.

Sans se retourner vers son interlocuteur, le mage le rassure  » Penses-tu qu’il suffit de dire qu’il va pleuvoir pour comprendre les phénomènes météorologiques ? « .  » Non mage, lui répond Shorgues, mais les ténèbres s’installent partout. La nature se déchaîne ici et là de par le monde. Des tremblements de terre, des inondations… on laisse entendre que les quatre cavaliers se préparent pour leur sortie  » poursuit le novice et il tend vers le mage les documents qu’il avait amené, pour confirmer ses propos.

 » Pose cela sur mon bureau  » lui répond le mage sans même se retourner.  » Regarde, l’horizon est bien sombre certes et ce qu’il annonce va au-delà de ce que tu imagines. Ta peur et comme celles des autres. Va-t-elle changer le cours des événements ? Si ta vision te permet de voir plus loin, saisit alors cette chance et agit en conséquence. Prépares-toi « .

Le silence s’installa dans la pièce. Shorgues reste muet un instant et se dirige vers la fenêtre où se tient déjà le mage. A ses côtés, il scrute l’horizon et d’une voix timide demande  » Mage, peux-tu m’instruire et m’aider à agir ?  » D’une voix sereine et ferme, le viel homme rassur Shorgues.  » C’est bien ainsi que je l’entends. Avant que les cavaliers ne sortent, tu sauras bien plus qu’en cette minute. Les révélations vont se faire jour et je te les ferais connaître. Tel un prophète, je t’enseignerai toi et les tiens « .

A suivre

(Tout droit réservé)



L’initiation de Shorgues

Pour qui tourne les pages
 » Grimoire oblige, lecteur tu trouveras des pierres pour ton édifice. A toi d’utiliser les matériaux nécessaires pour ta construction et l’élévation de ton temple. Il ne s’agit pas ici de chercher à mélanger tout ce qui te conviendrait à une existence pleine de réussite avec fortune, chance et bonheur. Nul ne pourra te préserver des écueils de l’existence  » Shorgues était surpris de ces premières lignes déchiffrées dans le vieux grimoire. Puis, il poursuit sa lecture, avide de tout retenir. Les lignes suivantes l’interpellent ainsi :
Tout commence par un chemin, celui sur lequel tu t’es engagé. Rien ne dit que tu le tiendras jusqu’au bout. Un carrefour et te voilà tenté d’emprunter une autre voie, celle qui semble la meilleure. C’est toujours toi qui décideras même en laissant le hasard décider à ta place, saches que c’est encore toi qui influencera par peur, par provocation ou simplement pour l’amour du risque.

Quel que soit ta décision, à l’instant où tu ouvres le grimoire tu sais que tu cherches quelque chose de futile. Aussi mince soit-elle, cette quête peut aboutir et ce ne sera pas celui qui a formé ces pages qui osera prétendre que tu lui dois la connaissance. Le maître a entr’ouvert sa tour d’ivoire. Laisse quelques ouvrages sur sa table entre parchemins et livres anciens. Sans un mot, il t’invite à prendre place dans sa pièce secrète, celle qu’il affectionne le plus. Le tout dans une atmosphère de douceur baignée par quelques rayons de lumière. Les parfums s’invitent, discrets ou suaves, l’encens s’impose faisant du lieu une chapelle, un oratoire où l’esprit s’élève, grandit. Dans le secret, ce sage, ce maître se penche sur le passé, interroge le présent, devine l’avenir. Et c’est parce qu’il t’a entendu qu’il t’offre de passer quelques heures avec lui. Ecoute, regarde, questionne, propose.

De l’initiation

Prudence envers celui qui te confiera les secrets au prix d’une obéissance aveugle et sans limite. Ton esclavage n’est plus très loin. Méfiance envers celui qui fort de ses connaissances te fera croire qu’il est ton salut à la seule condition que tu adhères à ses dogmes. L’homme libre, explique le sage, est celui qui sait où on veut le mener et qui a suffisamment de force pour avancer et s’orienter vers un autre horizon que celui emprunté par d’interminables cortèges de survivants.

Comprends qu’il ne peut y avoir de foi sans raison, de raison sans affirmation, d’affirmation sans doute. Toute foi doit s’exprimer du plus profond de toi jusqu’à la proximité de tes semblables. Une foi qui ne s’exprime pas par des actes saura-t-elle être convaincante, libératrice ? Cette foi que tu cherches doit-elle être enfermement ou libération ? Ce groupe, cette société, cette institution qui s’invente un mystère, une révélation acceptera-t-elle que tu sois différent ?

L’initié ne cesse de se poser des questions parfois même n’entend même pas l’autre lui répondre. Avant tout, ne cherche ni maître, ni devin, ni sage mais bien un semblable soucieux d’être qu’une simple pierre sur ta route. Un écho, une voix, un murmure même peuvent t’ouvrir le cœur bien plus que tu ne l’imagines. Il suffit d’être prêt, attentif.

Tu demandais comment commencer ? Alors, prends. Tiens, ouvre cet opuscule. Il date un peu. Sa couverture de cuir est séduisante et l’odeur comme enivrante, provocante pourquoi pas. Dès les premières pages, le papier légèrement jauni laisse apparaître une belle écriture noire. Tu survoles les premières lignes comme pour essayer d’aller au cœur du message. Et puis, tes yeux s’attardent sur ces lignes où tu apprends que les pratiques d’initiations remontent à la nuit des temps, bien au-delà du temps des pharaons. Te voilà subitement relié symboliquement à cette multitude d’êtres qui avant toi entreprenaient cette même démarche. Une longue chaîne sans fin dont l’origine te ramène à l’Inde, à cette période fort lointaine des Brahmanes. De l’Inde, ces initiations furent apportées en Egypte. Une filiation de plus de sept mille ans avant notre ère. A cette origine, des signes, des symboles comme le triangle au sommet duquel des rayons de lumière évoquent le sens, éclairant même le nom, l’unique que l’on ne sait prononcer. Pour les Brahmes, ce mot était sacré résumant à lui seul la connaissance, la science divine et humaine. Un mot, un nom rendant libre et l’égal à Brahma.

Sur les pas des initiés

Au fur et à mesure de ta lecture, tu découvres que ce nom était gravé dans un triangle en or, le tout conservé dans le temple d’Agartha dont seul le Brahmatma en possédait la clef. Il était reconnaissable par la tiare qui le coiffait avec pour symbole deux clefs croisées comme celles aujourd’hui frappées sur les armes du Vatican.

D’autres marcheurs comme toi qui ont poussé la porte du cabinet de l’inconnu, ont découvert un commencement avec le culte brahmanique à l’origine de tous les mystères et de toutes les particularités des cultes. L’initiation est un début, une nécessité. Le lecteur peut-il découvrir et comprendre l’ouvrage sans en avoir tourné toutes les pages ? Te voyant un peu étonné devant cette situation, un peu dérouté, le sage, le mage ou le maître, quelque soit le nom que tu lui attribue, te tend un vieil ouvrage. Seule la poussière tente de l’envahir pour le reléguer dans des oubliettes.

Tes yeux parcours les pages et tu survoles quelques phrases. Tu prononces silencieusement les mots assemblés… Pas une cérémonie, pas un sacrement de ce culte qui ne se retrouve dans un vieux rituel hindou : baptême, communion, confirmation, confession, huile consacrée, tonsure, chapelet, mendicité pour vertu. De l’Inde à l’Egypte, les initiations avaient pour but d’assurer à l’ordre sacerdotal une domination sur les autres. De l’Inde vient le principe des castes. Du fond des âges, à travers ces castes s’installait l’oppression et son funeste cortège formé de l’esclavage, de la corruption, du mensonge, de la superstition et de l’ignorance.

Le savoir détenu par quelques initiés renforcait la domination sur des groupes humains. Le sage Hindou n’avait-il pas révélé un jour à son initié,  » Souviens toi, il n’y a qu’un seul dieu, mais sache aussi que ce mystère ne peut être révélé à n’importe lequel des humains « . Avec les Brahmanes, seule la caste sacerdotale possédait les clefs des mystères et de la connaissance. Rien ne devait être dévoilé hors de cette caste sous peine de trouver la mort. Au cœur de cette connaissance, les symboles ravivaient ce savoir.

Trois lettres, trois indications qui ne cesseront de traverser les siècles : création, conservation, transformation. Trois lettres, trois mots, le fondement d’un savoir au cœur du mystère. Un enseignement confiné dans de secrètes sociétés ou d’Eglises instituées. Long cheminement, étranges coïncidences … par des chemins détournés ou trop bien amenés, les symboles demeurent d’une telle actualité. Rien de nouveau ? Peut être. Rien ne se créé, rien ne perd, tout se transforme, cette affirmation désormais tu vas la comprendre.

Les peuples ont puisé aux mêmes sources, interprétant les textes et les révélations selon leurs sensibilité, leur fougue ou leur folie. Justifications d’un peuple, les dieux allaient convenir pour bâtir une société, admettre des cruautés, séparer des êtres entre dominants et dominés, serviteurs et maîtres, initiés et dévots.

Derrière les apparences

Un livre puis un second et cela ne cesse. Peu de pause pour Shorgues. L’envie de poursuivre la quête l’emporte à tel point qu’il en oubliait l’heure. Il était comme enivrait par tant de pages lues. Les mots résonnaient encore dans sa tête. Il était surpris par ces phrases qui l’interpellaient. Il n’aurait jamais pensé que le grimoire confié par la vieille femme pusse le provoquer à ce point. Cette lecture éclairait bien des questions qu’il se posait depuis fort longtemps et qu’il avait presque oublié. Il était temps pour lui de faire une pause. Digérer tout ce qu’il venait de lire. Réfléchir. Retrouver les autres, ces amis et ses proches qu’il avait mis de côté depuis quelque temps. Il lui fallait retrouver les vivants.

A suivre

(Tout droit réservé)



L’Apocalypse selon Shorgues

Au commencement, le livre
Je fus surpris de ce que la vieille femme me confia il y a quelques jours. Dans une vieille boîte à chaussures, sous plusieurs documents et d’anciens articles de journaux du XIXe siècle, se trouvait un cahier jauni par le temps dont la couverture cartonnée ressemblait à du cuir patiné par le temps. De quand datait-il ? Je n’en su rien.  » Prenez en soin  » m’avait dit cette femme sans autre commentaire.  » Je ne sais pas à qui le confier mais entre vos mains je suis sûr que vous saurez quoi en faire  » avait-elle ajouté de sa voix grave et rocailleuse des gens de Flandre. Elle ne m’en dit pas plus. Et je n’en saurai jamais plus de sa part puisqu’elle s’éteignit trois jours après. Je n’avais pris conscience de son cadeau qu’à sa mort. Comme pour me rappeler d’elle, pour saluer sa mémoire, je me décida d’ouvrir et de feuilleter ces parchemins et ce cahier d’étrange allure. A sa lecture je compris qu’il s’agissait d’un grimoire transmis de génération en génération.  » Du feu tu disparaîtras ou de sagesse tu le transmettra « , cette première phrase comme en introduction m’étonna. L’écriture était fort ancienne, tracée à la plume dont les arrondis des lettres étaient magnifiquement formés. Pas une seule maladresse dans cette écriture. Des signes étranges sont tracés à chaque page, au bas de chaque feuille. Selon les numéros indiqués s’ajoute un signe du zodiaque. Les textes qui se succèdent sont écrits avec finesse tantôt de rouge, tantôt de noir comme pour différencier leur importance. Des heures durant, je m’appliquais à déchiffrer ces phrases sibyllines dont certaines formules sont mentionnées en latin et en flamand. Un érudit devait être à l’origine de ce grimoire et je compris au fur et à mesure de mes lectures que d’autres le suivirent. Les écritures en témoignent. Je regrettais de plus en plus de n’avoir pas questionné plus longuement cette vieille femme, une veuve qui toute sa vie durant demeura dans son petit village des Flandres. Elle avait conservé le contenu de cette boîte conformément aux souhaits de son mari décédé il y a une trentaine d’années. Elle avait du sentir sa mort venir pour me confier aussi rapidement cet héritage particulier.  » De sagesse ou de folie tu t’exprimeras mais jamais tu n’interromperas cette chaîne. Quand de nuit, lune sera belle et pleine que la mare reflètera le silence céleste tu sauras alors qu’il est temps de briser le sceau et d’annoncer ce que je te révèlerai « . Plus je parcours ces pages, plus je me sens étrangement saisi par des émotions inhabituelles mêlées d’angoisse et de sérénité. Difficile à ce jour d’évoquer encore mes premières impressions. Mal à l’aise par ce genre de littérature que je considère naïve et d’un autre temps, je décida de refermer ce grimoire et le remettre dans sa boîte usée par le temps. Je ne savais pas quoi faire de tout cela. Nul doute que des collectionneurs, généalogistes et passionnés de vieux documents seraient preneurs d’un tel cadeau. J’envisageai alors de m’en dessaisir jusqu’à ce jour où après m’être rendu au cimetière où repose cette vieille femme je fus pris d’une irrésistible envie de ressortir la boîte de retour chez moi, de me saisir à nouveau du grimoire.

Comme guidé par une force inconnu, j’ouvris machinalement à la page 13 et surgissant de ces lignes écrites à l’encre noire, ressortais d’un rouge fatigué ce paragraphe qui désormais me guide  » Du temps du recueillement suivra le temps du savoir et quand de la croix où gisants se reposent tu auras compris alors et de ton temps tu porteras les mots à la face des vivants. De terre mêlée de larmes naîtra la sagesse. Viendra toujours trop tôt après la lune endormie franchissant les frontières ces cavaliers toujours terrifiant aux multiples visages. Alors tu sauras que des bouches vérité sera dite au milieu des flots de paroles, entre peur et folie, des portes devront s’ouvrir. Apocalypse en sera la clef « . Je parvenais à peine à déchiffrer ces lignes qu’il me fallut du temps pour en saisir le sens. « Apocalypse en sera la clef  » dès lors je me suis attaché à étudier plus à fond ce grimoire qui de semaine en semaine me révèle bien des secrets dont désormais il m’incombe de transmettre. A bon entendeur !

A suivre

(Tout droit réservé)